Parce qu’au fond, ce programme parle d’émancipation. Pendant longtemps, beaucoup d’entre nous ont rêvé d’être “spéciaux”. Choisi·es. Différent·es. Magiques. Reconnu·es par une école secrète, une communauté cachée ou une figure d’autorité capable de nous révéler qui nous étions “vraiment”. Et honnêtement… quand on grandit dans un monde violent, solitaire ou étouffant, ce fantasme peut devenir un refuge immense. Mais aujourd’hui, nous avons envie d’explorer autre chose. Et si la vraie puissance n’était pas dans le fait d’être élu·e ? Et si la vraie magie n’était pas dans des pouvoirs surnaturels ? Et si grandir, c’était aussi arrêter d’attendre qu’un autre monde vienne nous sauver ? Moldu·es et fièr·es de l’être, c’est une manière de revendiquer : notre humanité ordinaire ET extraordinaire notre esprit critique notre créativité notre lien au vivant notre capacité à créer du sens ensemble et une forme de magie plus réelle, plus collective et plus incarnée. Une magie qui ne repose plus sur des héros, des héroïnes, des sauveurs, des sauveuses ou des franchises milliardaires. Mais sur nous.

Pas du tout. Même si nos métiers respectifs influencent forcément notre manière de penser et d’animer ce programme, Moldu·es et fier·es de l’être n’est pas réservé aux pros de l’accompagnement. Certaines personnes du groupe seront probablement des professionnel·les de l’accompagnement, comme nous. Mais ici, elles viendront avant tout comme des êtres humain·es en réflexion, en questionnement ou en traversée autour de ces sujets. Il pourra parfois y avoir des échanges ou des réflexions liés à l’accompagnement, à la transmission ou aux enfants, notamment parce que ces questions traversent naturellement nos pratiques, nos métiers et nos vies. Mais ce ne sera pas le centre permanent du programme. Le cœur de ce programme reste avant tout : nos attachements, nos imaginaires, nos créativités, nos rêves, nos contradictions, notre esprit critique, notre rapport au monde, au collectif, à la transmission et à ce que nous voulons continuer à nourrir ou transformer dans nos vies et dans le monde.

Alors tu es probablement exactement au bon endroit. Ce programme n’a pas été créé pour les personnes qui n’en ont “plus rien à faire”. Il a été créé pour celles et ceux chez qui ça remue justement quelque chose. Pour les personnes qui ressentent encore de l’amour, de la nostalgie, de la tristesse, de la colère, de la confusion… parfois tout en même temps. Tu n’as pas besoin d’avoir “déjà fait le deuil”. Tu n’as pas besoin d’être “au clair”. Tu n’as même pas besoin de savoir encore ce que tu veux faire de cet attachement. Tu peux venir avec tes contradictions. Le programme est justement là pour ça. Tu peux nous indiquer dans le questionnaire de pré-inscription là où tu en es pour qu’on puisse prendre ça en compte dans le contenu et le déroulé du programme.

Le programme n’a pas pour objectif de te dire quoi ressentir, quoi aimer ou quoi jeter. Nous ne sommes pas là pour distribuer des bons ou des mauvais points moraux. Nous sommes là pour ouvrir un espace de pensée, de ressenti et de dialogue autour de ce que cette œuvre représente dans nos vies aujourd’hui. Certaines personnes repartiront avec davantage de distance. D’autres avec une autre manière de regarder l’univers. D’autres encore avec plus de questions que de réponses. Le but n’est pas de t’imposer une conclusion. Le but est de sortir du déni, du silence ou de la solitude autour de tout ça.

Non. Et honnêtement, nous pensons même qu’il est impossible de créer un espace comme celui-ci sans comprendre profondément ce que Harry Potter a pu représenter pour des millions de personnes. Nous étions toutes les deux des fans. Nous avons grandi avec l’univers de Harry Potter. Et le deuil qu’on a vécu nous-mêmes a été long et sinueux. Ce programme ne repose ni sur le mépris, ni sur la moquerie, ni sur la supériorité morale. Il repose sur une conviction simple : les récits qui nous construisent méritent qu’on les regarde sérieusement. Même et peut-être surtout, quand ils deviennent inconfortables.

Alors il y a de grandes chances que ce programme résonne profondément avec quelque chose d’important pour toi. Beaucoup de personnes minimisent ce qu’elles ressentent autour de ce sujet parce qu’“après tout, ce n’est qu’une fiction”. Mais les récits, les imaginaires et les communautés façonnent nos identités, nos valeurs, nos souvenirs et parfois même notre manière de survivre à certaines périodes de nos vies. Il est donc complètement logique que tout ça touche quelque chose de sensible. Le programme a justement été pensé pour accueillir cette dimension émotionnelle avec douceur, nuance et humanité. Sans cynisme. Sans humiliation. Sans obligation de performance émotionnelle non plus. Tu pourras participer à ton rythme et ton intensité. Et sache que nous sommes toutes les deux des accompagnantes sensibles.

Oui… et non. Harry Potter sera évidemment un point de départ central du programme. Parce que cette œuvre a marqué toute une génération et qu’elle concentre énormément de questions affectives, politiques et symboliques. Mais très vite, nous allons aussi parler : d’attachement, de transmission, d’autorité, de désillusion, d’identité, de communauté, de pouvoir,de récits qui nous construisent, d’esprit critique, d’auto-défense émotionnelle et de ce qu’on fait quand les imaginaires qui nous ont construits commencent aussi à nous poser problème. Car au fond, le sujet dépasse largement Harry Potter. Ce programme parle aussi de : notre rapport aux figures d’autorité, aux œuvres qu’on idéalise, aux communautés auxquelles on appartient, aux artistes problématiques, aux récits qui façonnent nos valeurs, aux systèmes dans lesquels on grandit et à notre capacité à nous positionner de manière plus consciente, plus libre et plus solide dans un monde oppressif. Nous pensons que développer son esprit critique ne devrait pas signifier : devenir cynique, tout rejeter ou avoir honte de ce qu’on a aimé. Et nous pensons aussi que l’auto-défense aujourd’hui, ce n’est pas seulement apprendre à se protéger dans des relations individuelles. C’est aussi apprendre à repérer : ce qui nous influence, ce qui nous construit, ce qui nous manipule parfois, ce qui nous touche profondément et ce que nous voulons continuer ou non, à nourrir, transmettre et soutenir. Harry Potter est donc une porte d’entrée. Mais derrière cette porte, il y a des questions beaucoup plus vastes. Au fond, ce programme parle autant de nous… que d’Harry Potter.

Oui, énormément. La question de la transmission traverse tout le programme. Que transmet-on quand on transmet Harry Potter aujourd’hui ? Que garde-t-on ? Qu’est-ce qui nous met mal à l’aise ? Comment parler de contradictions à des enfants ? Comment accompagner sans reproduire certaines choses ? Comment transmettre des imaginaires sans abandonner notre esprit critique ? Beaucoup de parents ressentent aujourd’hui une forme de flou, de culpabilité ou de tension autour de ces questions. Le programme ne donnera pas de “bonne réponse universelle”, mais il offrira un espace pour penser, ressentir et traverser ces questions collectivement.

Tu n’as pas besoin : d’être expert·e, d’avoir tout lu ou tout regardé, d’avoir “la bonne opinion”, d’être militant·e, d’avoir déjà déconstruit plein de choses, d’avoir un discours parfaitement articulé, d’avoir été fan, de ne plus être fan. Tu as simplement besoin de sentir que ce sujet te touche, te questionne ou t’agite d’une manière ou d’une autre. Certaines personnes arriveront avec énormément de réflexion politique. D’autres arriveront avec un malaise diffus impossible à expliquer. Les deux ont leur place ici.

Non. Mais il faut accepter l’idée que les récits, les œuvres et les imaginaires ne sont jamais neutres. Ce programme ne demande pas d’avoir fait dix ans de militantisme ou d’avoir lu toute la théorie critique contemporaine. Par contre, il propose d’ouvrir des questions sur : le pouvoir, la transmission, les figures d’autorité, les normes, les représentations, les systèmes, les contradictions humaines. Et surtout : de le faire de manière accessible, sensible, incarnée et profondément humaine. Tu peux venir exactement là où tu en es. N’hésite pas à remplir le questionnaire de pré-inscription pour nous partager justement là où tu te situes pour qu’on puisse le prendre en compte pour le contenu et le déroulé du programme.

Nous aussi. Et honnêtement, c’est précisément une des raisons pour lesquelles nous avons voulu créer cet espace autrement. Le but du programme n’est pas : d’humilier les gens, de distribuer des certificats de pureté politique, de gagner des débats ou de transformer chaque échange en tribunal moral. Nous savons à quel point ce sujet peut devenir violent, polarisé ou épuisant sur Internet. Ici, nous voulons au contraire créer un espace : de nuance, de pensée, d’écoute, de contradictions assumées et d’humanité. Un espace où l’on peut réfléchir sérieusement sans avoir besoin d’écraser les autres pour exister.

C’est une sensation extrêmement fréquente. Beaucoup de personnes ont l’impression d’être “trop affectées” par quelque chose que leur entourage considère comme anecdotique ou secondaire. Alors elles se taisent. Elles minimisent. Elles essayent de “passer à autre chose”. Et pourtant, dès que le sujet est ouvert quelque part… énormément de résonances apparaissent. Parce qu’en réalité, beaucoup de gens vivent des contradictions, du malaise, de la tristesse ou de la colère autour de tout ça. Simplement, très peu d’espaces permettent d’en parler autrement qu’à travers des clashs, du déni, des memes ou des prises de position ultra rapides. Ce programme a justement été pensé pour rompre cet isolement.

Alors ce que tu ressens aujourd’hui a probablement beaucoup de profondeur. Pour énormément de personnes, Harry Potter n’a jamais été “juste une saga”. C’était : un refuge, une échappatoire, une communauté, une source d’espoir, un endroit où respirer, parfois même une manière de tenir dans des périodes très difficiles. Et quand quelque chose qui nous a aidé·e à vivre ou même à survivre devient aussi une source de conflit intérieur, de tristesse ou de désillusion… cela peut ressembler à une forme de deuil très réelle. Ce programme ne cherche pas à ridiculiser ou à renier cet attachement. Au contraire. Nous pensons qu’il mérite d’être accueilli avec énormément de délicatesse, de sérieux et de respect.

Les sessions mêleront plusieurs approches : échanges collectifs, réflexions guidées, explorations autour des récits, de la littérature et des imaginaires, exercices introspectifs, pratiques créatives, moments de partage, apports de réflexion et de contextualisation, et parfois aussi des expériences plus sensibles, émotionnelles ou symboliques. Ce ne sera ni un cours universitaire classique, ni un débat permanent, ni une thérapie de groupe. Nous voulons créer un espace vivant, accessible, incarné et participatif où l’on pourra penser, ressentir, questionner et créer ensemble.

Oui. Le programme ne se limite pas aux temps de visio. Un espace Discord est déjà en ligne pour permettre aux participant·es de : partager des réflexions et des ressources, déposer des résonances, continuer certaines discussions, poser des questions et vivre cette expérience avec une communauté. Certaines personnes aiment beaucoup échanger et participer. D’autres préfèrent observer, lire de loin ou intervenir ponctuellement. Les deux ont totalement leur place ici. Aucune obligation d’être actif·ve : chacun·e pourra calibrer sa présence et son implication selon son énergie, son rythme et ses besoins. Et si tu en ressens l’envie, tu peux déjà rejoindre le Discord dès maintenant pour commencer à découvrir l’espace, rencontrer les autres participant·es et entrer doucement dans l’univers du programme.

Oui. Les sessions seront disponibles en replay pour les participant·es afin que chacun·e puisse vivre le programme avec davantage de souplesse et à son propre rythme. Cela dit, nous pensons aussi qu’il y a quelque chose de très précieux dans le fait de vivre certaines traversées en direct et en collectif. Les échanges, les résonances et les moments spontanés font pleinement partie de l’expérience.

Parce que nous ne voulions pas créer un simple “débat d’actualité” ou un contenu consommable en deux heures. Pour ça, tu as la table ronde. Le sujet que nous explorons touche : à l’enfance, à l’identité, aux imaginaires, aux contradictions, au collectif, à la transmission et parfois à des attachements très profonds. Ce type de traversée demande du temps. Du temps pour réfléchir, pour infuser intellectuellement et émotionnellement. Du temps pour ressentir. Du temps pour changer de regard. Du temps pour laisser émerger autre chose. Et aussi du temps pour créer de vrais liens collectifs, ce qui est une partie essentielle de l’expérience pour nous.

On se retrouve toustes en visio 1 mardi sur deux autour d'une thématique pour avancer collectivement. Des replays seront mis à disposition après les sessions. On reste en mouvement et en lien via notre groupe discord.

De mi septembre 2026 à fin mars 2027. On a prévu de proposer 1 visio de groupe, 1 mardi midi sur deux. Pour les temps forts, comme le lancement et la clôture du programme, ainsi que le mois de décembre, on proposera quelques visios en plus. Les dates précises pourront être ajustées en fonction des besoins du groupe.

Entre 10€ et 100€ par mois, c'est toi qui vois ! C'est hyper important pour nous de limiter au maximum les freins financiers tout en visant une rémunération juste pour notre travail. On croit fort que si chacun.e joue le jeu, on peut atteindre cet équilibre.

En parler, en parler, en parler ! On crée beaucoup de contenu sur le sujet sur nos instagram. On a aussi enregistré la table ronde sous forme de podcast. On a le groupe discord dont une partie est ouverte à toustes. Tout ce contenu, il est là pour circuler, pour créer un support à la discussion, pour ouvrir des espaces de circulation, de réflexion et de lien. Alors ose parler ! On a aussi prévu de créer des objets moldus pour soutenir le financement solidaire. Stay tuned.

Si tu ressens encore des hésitations, des curiosités, des contradictions ou simplement l’envie de nous demander quelque chose avant de rejoindre l’aventure, n’hésite pas à nous écrire. Nous savons que ce sujet peut remuer beaucoup de choses et nous serons heureuses de te répondre avec attention et honnêteté.